Pourquoi la thermographie mammaire a eu mauvaise presse et a été oubliée dans les années 1980
La thermographie mammaire, bien qu’elle ait été un outil prometteur pour le dépistage du cancer du sein dans les années 1970 et 1980, a effectivement connu une période de mauvaise presse et a été largement abandonnée par la communauté médicale durant les années 80 pour plusieurs raisons. Voici les principales causes de cette désaffection :
1. Manque de standardisation et de validation scientifique
À ses débuts, la thermographie mammaire n’était pas suffisamment standardisée. Les interprétations des thermogrammes variaient considérablement d’un praticien à l’autre, en raison de la subjectivité de l’analyse des images thermiques. Chaque médecin pouvait avoir une approche différente de l’interprétation des résultats, ce qui rendait l’outil difficile à utiliser de manière fiable à grande échelle, sans compter la taille des caméras, leur poids et la nécessité de les refroidir à l’azote ont eu raison de leur pertinence dans le monde médical à cette époque.
De plus, les preuves scientifiques de l’efficacité de la thermographie pour détecter précocement le cancer du sein étaient encore insuffisantes. Bien que des anomalies thermiques puissent être détectées, il n’y avait pas encore de consensus scientifique clair concernant la sensibilité et la spécificité de cette méthode. Cela a créé des doutes quant à son utilité clinique, en particulier en comparaison avec des méthodes plus établies comme la mammographie.
2. Mammographie : une méthode plus précise et validée
Dans les années 1980, la mammographie est devenue la méthode de référence pour le dépistage du cancer du sein, surtout après l’amélioration des techniques d’imagerie et la mise au point de mammographes plus performants. La mammographie avait le grand avantage d’être objectivement quantifiable et d’offrir des résultats plus précis et reproductibles, ce qui la rendait plus fiable dans la détection des cancers du sein, en particulier pour les femmes de plus de 50 ans.
3. Problèmes de précision de la thermographie
Un des problèmes majeurs de la thermographie mammaire était sa sensibilité limitée. En effet, bien que des zones de chaleur puissent être observées en cas de tumeur, il n’était pas toujours facile de distinguer les dessins thermiques très précis. Cela pouvait conduire à des faux positifs (signaux thermiques anormaux sans cancer) ou des faux négatifs (absence de détection de tumeurs même si elles étaient présentes).
De plus, de nombreux autres facteurs physiologiques, comme des fluctuations hormonales, des infections, ou des inflammations bénignes, peuvent provoquer des variations thermiques similaires à celles observées en cas de cancer, rendant encore plus difficle l’établissement de la nature potentiellement alarmante ou non de l’anomalie thermique observée.
4. Influence de l’industrie et des intérêts commerciaux
Les industries de la radiologie et de la mammographie, qui bénéficiaient de l’essor de la mammographie comme méthode de dépistage de référence, ont également eu une influence importante dans la marginalisation de la thermographie. La mammographie est devenue un standard mondial pour le dépistage du cancer du sein, soutenue par des programmes de santé publique et une forte pression commerciale pour son adoption.
5. Problèmes de communication et de diffusion des informations
Il y a eu une mauvaise communication autour des avantages et des limites de la thermographie. Le Dr Michel Gauthérie, a été l’un des défenseurs de la thermographie mammaire, mais le manque de preuves scientifiques solides et de soutien institutionnel n’a pas permis à la méthode de s’imposer de manière durable.
Conclusion : Retour en grâce et complémentarité
Même si la thermographie mammaire a perdu en popularité dans les années 1980, elle n’a pas complètement disparu. Ces dernières années, elle est réévaluée et utilisée de manière complémentaire aux techniques de dépistage « classiques ». Par exemple, des études récentes ont suggéré que la thermographie pourrait être un outil de suivi pour repérer des changements thermiques dans le temps, en particulier chez les femmes à risque élevé de cancer du sein ou chez celles ayant des tissus mammaires denses.
Article rédigé par Margot STEPHAN
Thermographe & Naturopathe certifiée
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